Rencontre : Jackie, Fabio et les coquillages de Sanibel (Floride)

DSC01615-01Avec 3.154 heures d’ensoleillement par an, la Floride invite à la détente sur ses plages dignes des plus beaux décors de cartes postales.

Parmi ces endroits idylliques, il faut citer Sanibel Island (Floride), dans le sud-est des États-Unis d’Amérique, à la fois havre de paix pour les touristes et espace protégé pour la faune et la flore.

On accède à la presque île de Sanibel par un pont à péage qui, à partir de 1995, voyait rouler sur son tarmac plus de trois millions de véhicules chaque année ; le trafic menaçait alors le précieux équilibre de cet endroit jusqu’alors préservé du tourisme de masse.

Si les 24 kilomètres de plages de sable blanc invitent à la promenade et à la contemplation des plus beaux couchers de soleil sur le golfe du Mexique, c’est aussi pour ses coquillages que les promeneurs marchent, le dos courbé, le long de l’océan.

Sanibel, capitale du coquillage

L’orientation de l’île fait de Sanibel le point d’échouement de ces petits bouts de calcaire, squelettes extérieurs des mollusques, poussés par les courants marins.

© Jackie Olsson - Fabio Morescalchi

© Jackie Olsson – Fabio Morescalchi

Là, des milliers, voir des millions de coquillages, aux formes et couleurs variées, attendent les « conchyliophiles » à la recherche de celui qui sublimera leur collection.

Parmi eux, arpentant la capitale de cette curieuse discipline, il vous sera peut-être offert de croiser Jackie Olsson et Fabio Morescalchi, affairés à d’étranges travaux, les genoux dans le sable et la tête dans les nuages.

Jackie travaille dans un collège alors que Fabio est, la journée, employé de banque et, le soir, professeur de Jiu Jitsu .

© Jackie Olsson - Fabio Morescalchi

© Jackie Olsson – Fabio Morescalchi

Si tous deux vivent aujourd’hui à Minneapolis (Minnesota), dans le centre du pays, Fabio est né dans une petite ville de la côte ouest de l’Italie.

Sanibel est pour eux une affaire de famille puisque déjà, alors qu’elle n’avait que 6 ou 7 ans, Jackie écoutait les récits de voyages que lui contaient ses grands-parents, des étoiles (de mer) plein les yeux.

Ce n’est que bien des années plus tard que ce couple, qui s’est rencontré dans l’Oregon, partira en pèlerinage à Sanibel pour en revenir, comme de Compostelle, chargé de précieux coquillages. Tous deux, citadins par obligation, ont le cœur à la plage.

Jackie et Fabio aiment la nature préservée de l’île, figée dans le temps et à mille lieues des villes bétonnées si typiques des États-Unis d’Amérique.

L’art de raconter des histoires avec des coquillages

À l’occasion d’une de leur visite, Fabio rassemble quelques coquillages et les disposes en forme de cœur, comme une preuve d’amour à son épouse et le point de départ d’une nouvelle passion à laquelle ils s’adonneront ensuite à chacune de leur visite.

© Jackie Olsson - Fabio Morescalchi

© Jackie Olsson – Fabio Morescalchi

Chaque fois, c’est un tableau différent qui se dessine dans le sable, au gré de leur inspiration, de la saison ou de la matière première qu’ils récoltent ou qui leur est apportée par quelques enfants et promeneurs touchés par leur travail.

D’abord de la taille d’une assiette et élaborée à l’aide d’une vingtaine de coquillages, les fresques sont devenues, avec le temps, plus grandes et soignées.

Une méduse, une tortue, un cheval de mer ou, même, le père Noël: tous sont prétexte à passer du temps ensemble à créer ces œuvres éphémères.

Bien sûr, leur petit manège attire l’attention des gens qui s’arrêtent là le temps d’une conversation ou d’une photo ; certains d’entre eux deviendront même des amis.

© Jackie Olsson - Fabio Morescalchi

© Jackie Olsson – Fabio Morescalchi

À plusieurs reprises, des journaux ont parlé de leur travail, les présentant comme des « artistes anonymes », sorte de justiciers masqués au service de la palourde, de la conque et du bulot.

La nature reprend ses droits

Lorsque leur tâche est achevée, ils prennent place sous un patio à quelques mètres de là et s’amusent, discrètement, des réactions des passants. Ce qu’ils aiment c’est de savoir que, un peu partout dans le monde, les visiteurs montreront leurs créations lors d’interminables soirées photo en famille, entre deux clichés de cocktails pris au bord de la piscine.

Après quelques jours ou quelques semaines, la mer finit par faire son travail et emporte, au loin, comme elle les a emmenés, tous ces coquillages qui garderont en mémoire la chance d’avoir été, l’espace d’un instant, autre chose que de simples coquilles vides.

Découvrez le compte Instagram de Jackie et Fabio : LAKENOKOMIS

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